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Contre les violences sexistes en Couserans

 
 
Contre les violences sexistes en Couserans

Lancement de la semaine de sensibilisation sur les violences sexistes auprès des professionnels et des usagers de l’hôpital au CHAC de St Lizier en présence de la préfète de l'Ariège.

S’il s’avère que les victimes éprouvent des difficultés à évoquer les violences conjugales qu’elles subissent, c’est en premier lieu, auprès des professionnels de santé qu’elles en parlent.

C’est en partant de ces constats que le CHAC, sous l’impulsion de l’assistante sociale et du directeur des soins a engagé depuis plusieurs années une sensibilisation des personnels sur cette question. C’est ainsi que le questionnement systématique des patientes enceintes qui est obligatoire au 4ème de grossesse mais qui est si difficile à réaliser pour les personnels de santé, est effectué au sein du service de gynéco-obstétrique du CHAC depuis 5 ans, grâce à l’action de Christelle Chinchilla, sage femme.

Les personnels du CHAC ont également réalisé, en 2017, un film de sensibilisation sur les violences conjugales, visible sur youtube https://www.youtube.com/watch?v=XCzYIW2hYQk&feature=youtu.be

Lancement de la semaine de sensibilisation dans le hall du CHAC de St Lizier

- un stand d’information sur les violences conjugales : affiches de sensibilisation et d’information pour les victimes, les professionnels et les témoins ; diffusion de spots vidéo dans la salle d’attente commune

- l’exposition des oeuvres réalisées par les personnels de l’hôpital ainsi que par certains patients, enfants et adultes sur le thème des violences sexistes

- une séance de « live painting » animée par un grapheur qui va créer, entre 9h et 12h, le 26 novembre, une œuvre pérenne qui restera dans le hall de l’hôpital

– un « ruban blanc » symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes remis aux invités par les organisateurs

Formation-action pour les personnels des urgences pour améliorer le repérage et la prise en charge des victimes de violences conjugales qui comprendra 3 temps

1er temps -Phase de formation des personnels à l’utilisation de la « trousse outils »

2ème temps – Implantation de la « trousse outils » sur les violences conjugales aux urgences

Cette expérience, inspirée de la pratique du Québec depuis 15 annéesest mise en œuvre par Florence Calvet assistante sociale du CHAC, actuellement en diplôme universitaire violences faites aux femmes – Paris 8.

Cette trousse à outils est composée de 2 parties :

- l’aide mémoire qui contient des informations sur la problématique des violences conjugales, les concepts et mécanismes des violences sexistes et la conduite à tenir auprès des victimes (ce qu’il faut faire,/ne pas faire, dire/ne pas dire à la victime, vers où l’orienter et comment….)

- les formulaires qui contient les modèles de certificats, attestations que peuvent produire les professionnels ainsi que les plaquettes d’orientation des victimes sur les lieux et personnes ressources

3ème temps- Phase de test du questionnement systématique des patientes durant 15 jours suivie d’un bilan et d’un protocole pour 1 mise en place officielle

L’action de communication du CHAC autour du « 25 novembre » s’inscrit dans la « quinzaine de sensibilisation sur les violences sexistes » impulsée par le dynamique CISPD Couserans-Pyrénées dont il est l’un des membres actifs.

Les actions du conseil interdépartemental de sécurité et de prévention de la délinquance Couserans-Pyrénées

L’action de communication du CHAC autour du « 25 novembre » s’inscrit dans la « quinzaine de sensibilisation sur les violences sexistes » impulsée par le dynamique CISPD Couserans-Pyrénées dont il est l’un des membres actifs.

Cette action coordonnée de sensibilisation sur le territoire du Couserans est destinée à tout public et comprend la diffusion et l’installation d’affiches, d’expositions, de clips vidéos sur les sites de la communauté de communes (pôle technique, pôle petite enfance et centre aquatique), de l’agglomération de Saint Girons, dans les lycées, à la MSAP-centre social CAF- Accueil de jour pour femmes victimes de violences conjugales, au centre local DSD du conseil départemental, dans les médiathèques du Couserans, dans les maisons de santé de Massat et d’Oust, et au CHAC.

Grace à une volonté politique forte, l’action du CISPD au travers de la commission thématique consacrée à la lutte contre les violences sexistes est étayée au fil des ans. Elle peut s’appuyer sur la coordonnatrice du CISPD qui anime et dynamise le réseau des partenaires de la lutte contre les violences sexistes.

Cette dynamique a permis de créer, à partir de l’accueil de jour pour femmes victimes de violences conjugales, un accueil mutualisé et multi-partenarial coordonné par le CISPD. Cet accueil propose une prise en charge globale et complète allant de l’accueil, à l’accompagnement jusqu’à l’hébergement d’urgence sur le territoire et au logement des victimes et de leurs enfants. L’association Volonté de femmes en Ariège anime l’accueil de jour tous les mardis et propose un suivi et un accompagnement psycho social et juridique aux victimes, les mardis et vendredi. Ensuite, 2 places d’hébergement d’urgence en diffus sont disponibles sur le Couserans et gérées par l’association ADES Europe. Une convention a été signée avec la brigade de gendarmerie pour que les gendarmes puissent disposer des clés du logement afin d’y conduire les victimes dès que le 115 leur donne l’autorisation (nuit ou week end). Les victimes sont prises en charge au départ, par l’équipe d’ADES Europe et sont ensuite suivies par VFA. Enfin, une place d’hébergement d’insertion réservée aux victimes de violences conjugales et leurs enfants est également disponible, elle est gérée par SOLIAH 09.

Cette dynamique permettra d’engager le premier contrat sur les violences sexistes et sexuelles dans le département qui proposera un traitement global du phénomène des violences sexistes. Il permettra le renforcement du réseau pluridisciplinaire, la création d’une cellule opérationnelle de prise en charge et de suivi des situations de violences conjugales, l’amélioration du repérage des victimes par le partage d'informations, la formation des professionnels du territoire et la sensibilisation des jeunes et du grand public.

Données chiffrées des violences conjugales en Ariège et en Couserans

Sur les 429 victimes de violences conjugales recensées en 2018 (fiches navettes) par les différents services d’accueil (service de gendarmerie et police, hôpitaux, services et associations d’aide aux victimes, services sociaux…), 65 sont issues du Couserans.

Parmi ces dernières, 94 % sont des femmes (61 femmes), 70 % ont entre 26 et 55 ans, 9 % sont très jeunes (mineures à moins de 25 ans)3 % ont plus de 55 ans (9 % âge non renseigné),

78 % ont des enfants, 40 % ont un emploi

Les violences qu’elles subissent sont des violences psychologiques (dans 84 % des situations) et physiques (dans 70 % des situations) et sexuelles dans 4 % des situations. 41 % durent depuis moins de 1 an alors que 52 % durent depuis plus de 1 an jusqu’à plus de 10 ans  (30 % de 1an à 5 ans, 9 % de 5 à 10 ans et 12,3 % depuis plus de 10 ans)

61 % des victimes ont signalé ces violences auprès des autorités judiciaires (49 % plainte, 12,3 % PVRJ ou main courante). 44% des violences ont fait l’objet d’un certificat médical.

Ces violences sont exercées par le conjoint actuel dans 57 % des situations et par l’ex dans 39 % des situations, ce qui prouve que les violences ne cessent pas forcément après la séparation du couple.

Près de 70 % des victimes déclarent des faits de violences antérieurs par le même auteur, 14 % par un autre auteur et 6 % pendant l’enfance.