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Lutte contre les incivilités et les violences dans le sport en Ariège

 
 
Lutte contre les incivilités et les violences dans le sport en Ariège

Signature le 18 juin 2018 à la préfecture de l'Ariège du protocole contre les incivilités et les violences dans le sport en Ariège.

Le sport est connu pour ses règlement sportifs, et au-delà pour ses vertus en matière de vivre ensemble et d'éducation. Fait social total, il n’est pas imperméable aux maux qui affectent la société dans son ensemble.

Suite à la recrudescence d’événements isolés, échanges de coups, dégradations de biens, violences verbales, lors de rencontres sportives, le service vie associative et jeunesse et sports de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, a réalisé à la demande de la préfète Marie Lajus, un diagnostic sur les incivilités et les violences dans le sport en Ariège.

Le 18 juin 2018, a été signé à 16 h 00 à la préfecture, un document de coopération, fruit du travail de concertation mené par l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs du département concernés par la problématique. Ce protocole a pour vocation de garantir une bonne collaboration entre les acteurs du sport, du club à la fédération, et les acteurs institutionnels que sont la préfecture de l’Ariège, la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, la gendarmerie, la police et la justice, et de permettre la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires à la prévention des actes d’incivilités et de violences sur les terrains de sport de notre département.

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 Un premier diagnostic

Les catégories de compétition les plus touchées sont celles concernant les jeunes sportifs, en particulier dans le football et dans le rugby. L’animosité sort, de surcroît, du terrain et s’observe en amont et en aval des rencontres sportives sur les réseaux sociaux.

  •  Si les joueurs sur le terrain se rendent parfois acteurs de violences physiques, les parents et les supporters peuvent participer à tendre l’atmosphère des rencontres sportives notamment en se rendant auteurs d’actes d’incivilités et de violences verbales, rendant ainsi plus difficile l'identification.
  •  Les instances fédérales départementales se sentent démunies face aux manques de leviers d'actions, puisque un certain nombre de compétitions impliquent des clubs extérieurs au département, relèvent de décisions des instances régionales et peuvent concerner des personnes non licenciées.
  •  Même si l’on sait que les faits impunis d’hier génèrent ceux de demain, il y a trop souvent une réticence de la part des arbitres à se rendre dans les commissariats ou les gendarmeries pour porter plainte.

Un protocole aux forts enjeux et une méthode novatrice

 La grande qualité de ce protocole est de refuser les discours manichéens sur le sport. Il est unique en son genre car la méthode est novatrice : si le protocole concernera pendant deux ans le football et le rugby, il a vocation à terme à être généralisé à tous les sports concernés par ce phénomène. Son champ d'application est très étendu : le protocole est destiné à couvrir tous les acteurs du sport, du sportif à l’éducateur en passant par l'arbitre, le dirigeant, les propriétaires des équipements et le public. Toutes les parties prenantes sont mobilisées en ce sens : institutions et monde sportif, collectivités territoriales, parquet, forces de sécurité intérieure, Préfecture, DDCSPPdirection départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations.

  •  Il apporte des outils simples, concrets, sur trois volets : la prévention des actes violents, via une procédure d'identification des matchs « à risque » 
  •  la sensibilisation et l'éducation : L’État, depuis 2014, a permis le recrutement de 25 volontaires en service civique au sein des structures sportives pour œuvrer autour de la thématique de la citoyenneté, qu’il s’agisse de lutte contre les discriminations ou contre les violences dans les stades ;
  •  l'État accompagne les actions menées sur le territoire en matière d’éducation aux valeurs du sport, à travers les fédérations et les associations locales, qu’il s’agisse de projets spécifiques, d’actions en matière d’arbitrage ou de formation de l’encadrement. Des crédits du ministère des sports (CNDS, 30000€ demandés en 2018), du ministère de l'Intérieur (FIPD, 5000€ demandés en 2018) et de la politique de la ville (CGET, 6300€ accordés en 2018) seront mobilisés à ce titre ;
  •  la répression : il prévoit une procédure de circulation d'information entre les différents signataires et affirme la volonté d'une réponse disciplinaire, administrative et judiciaire forte et partagée puisqu’il faut donner la certitude à ceux qui seraient tentés, que leurs gestes seront punis. La victime doit aussi savoir à qui s’adresser et ne pas hésiter à porter plainte.

 

 Éducation et prévention

Le district de football et le comité départemental de rugby sont des partenaires très au fait de cette problématique et œuvrent déjà activement en ce sens. Afin de poursuivre la lutte contre les incivilités et les violences dans le sport, un accompagnement a été mené par les agents du service vie associative, de la jeunesse et des sports afin de proposer, dès cette année, un plan d'actions novateur et ambitieux.

 Focus sur trois actions d’éducation et de prévention menées en Ariège

 1 action menée dans le cadre de l’appel à projet de la politique de la ville 2018 de Pamiers financée par des crédits du commissariat général à l’égalité des territoires, à hauteur de 6 300 €. Le district de l’Ariège de Football porte une action avec le club 1 jeune Avenir Pamiers autour d’un projet global dont l’objectif est de proposer une activité sportive aux jeunes des quartiers, mettre en place des formations citoyennes et de sensibilisation aux valeurs de la République et de l’aide aux devoirs en lien avec la MJCMaisons des jeunes et de la culture.

 2 actions menées dans le cadre de la part territorial 2018 du centre national de développement du sport 
-Lutte contre les incivilités en football, pour laquelle est sollicitée la somme de 12 000 €: prévention par la formation des délégués et des jeunes arbitres autour de la thématique et formation sur la lutte contre l’alcoolisme et les stupéfiants dans le sport, la sécurité routière et la conduite à tenir en situation d’urgence
-Lutte contre la violence et les incivilités en application de la convention signée avec la préfecture en rugby, pour laquelle est sollicitée la somme de 8 000 € : une formation spécifique des éducateurs, une sensibilisation généralisée pour les dirigeants et parents, une formation spécifique aux arbitres pour savoir comment réagir aux discriminations et aux violences dans le sport.

Le ministère des sports particulièrement intéressé par la démarche menée en Ariège a fait partager cette initiative aux autres directions départementales afin de la généraliser.