Transformer son territoire avec les habitants

 
 
Transformer son territoire avec les habitants

La préfète de l'Ariège a présidé le 25 novembre 2021 le forum organisé par les services de l'État en collaboration avec l'association des maires, sur le thème du développement de la participation citoyenne en Ariège dans la  transformation du territoire. Retrouvez tous les moments forts de cet évènement.

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RESTITUTIONFORUM

 

Citoyens interlocuteurs

 La restitution en images

> Synthese et illustration des échanges - forum 25 novembre - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 10,92 Mb

 Transformer son territoire

Les transitions sociétales sont multiples.  Les responsable de l’État et les élus ont le devoir de les préparer et de les anticiper. La période de crise sanitaire que nous vivons actuellement a eu un effet accélérateur, voire révélateur, sur un certain nombre d’entre elles : transition numérique, transition sociétale avec des hybridations entre espaces de travail et de vie personnelle et de nouvelles attentes et une demande plus forte vers les territoires perçus comme ruraux. L'Ariège se transforme et cette transformation ne peut qu’aller en s’accélérant dans un contexte d’urgence climatique et écologique.

Cet été, le GIEC a publié un 6ème rapport alarmant sur le réchauffement climatique.En septembre, s’est tenu à Marseille, le congrès mondial de la nature : les constats et projections des scientifiques sont tout aussi inquiétants que ceux du GIEC.

Pour illustrer les constats principaux de ces deux évènements, voici quelques extraits du discours de Barbara Pompilli, ministre de la transition écologique, le 1er septembre 2021 pour la présentation du dernier rapport du GIEC et à la veille du congrès mondial de la nature à Marseille :

« La décennie qui s'est achevée a été la plus chaude depuis 125 000 ans, la concentration de CO2 dans notre atmosphère est au plus haut depuis 2 millions d'années. [Et derrière ces] chiffres qui donnent le tournis : ce sont déjà des réalités concrètes à l'échelle de nos vies humaines et des réalités partout sur la planète. [...] nous allons atteindre les +1,5 degrés 10 ans plus tôt que prévu, dès le début des années 2030. [...]

Du fait des pressions que nous exerçons, directement ou indirectement sur l’environnement, plus d’un million d’espèces sont menacées de disparition et de nombreuses autres connaissent une baisse importante de leur population. Mais là encore, si certains dommages sont définitifs, le pire peut encore être évité mais, comme pour le climat, il y a urgence à agir.

On pourrait être tenté de se dire : bon, ben, c'est fichu, c'est fini, tant pis. Mais nous ne pouvons pas nous y résoudre parce que nous avons encore notre destin entre nos mains et pour y arriver nous connaissons le cap : sortir de la dépendance aux énergies fossiles, préserver le vivant et réduire immédiatement et à très grande échelle toutes nos émissions.

Ce dont on parle, c'est bien d'inventer un autre rapport au monde, une nouvelle manière d'habiter la Terre et cela en quelques années après plusieurs siècles de civilisation fossile.” »

La lutte contre le réchauffement climatique et l’effondrement du vivant nécessitent ainsi des changements rapides et profonds dans notre modèle de société et suppose pour cela une mobilisation de tous les acteurs : citoyens, entreprises, associations, pouvoirs publics.

Dans les territoires, les collectivités locales sont des acteurs clés de ce changement de modèle, mais face à l’ampleur des transitions à engager, la mobilisation des citoyens apparaît comme un levier majeur et incontournable pour réussir et gagner en résilience pour surmonter les crises qui pourraient néanmoins advenir. A défaut, nous pouvons craindre pour les années à venir des tensions croissantes autour des questions environnementales et de l’accès aux ressources naturelles, avec pour conséquences, des conflits socio-économiques.

La transition écologique requiert de la part de tous une compréhension des enjeux et mécanismes. Elle suppose le développement de nouvelles compétences, appelle à l’innovation et nécessite des changements de comportement, donc de l’adhésion, mais aussi de la coopération et de l’entraide.

Alors transformer son territoire avec les habitants, d’accord mais comment faire ?

Les acteurs du territoire sont nombreux à  expérimenter, à travailler, dans le cadre de leur projet de territoire, de la politique de la ville, de la mise en œuvre d’un plan climat ou encore de l’élaboration d’un contrat de relance et de transition écologique ou encore d’un projet alimentaire territorial... ainsi qu’au travers de projets  de rénovation énergétique des bâtiments, d’aménagements cyclables, de réduction et amélioration du tri des déchets, de production d’énergie renouvelable, …

Agir sur  le levier de la participation / mobilisation citoyenne

Partage des expériences et témoignages d'experts sur ces questions :

- Jean-Michel HUPE, chargé de recherche au CNRS en sciences cognitives et en écologie politique et membre de l’ATElier d’ECOlogie POLitique de Toulouse.

L’ATECOPOL participe, depuis son lancement à l’automne 2018, à la construction d’une communauté pluridisciplinaire de scientifiques travaillant ou réfléchissant aux multiples aspects liés aux bouleversements écologiques. L’atelier réunit 154 chercheur.es d’une très grande variété de disciplines et de quasiment tous les établissements de recherche du site toulousain, dans l’objectif de tisser des liens entre des connaissances dispersées et de réfléchir à la façon de les partager avec l’ensemble de la société, afin d’oeuvrer avec elle aux moyens de réorienter notre trajectoire en changeant en profondeur les modes de fonctionnement socio-économiques actuels.

- Pierre-Yves GUIHENEUF, délégué général de l’Institut de la Concertation et de la Participation Citoyenne (ICPC).

Pierre-Yves Guihéneuf se consacre à la concertation et à la participation depuis la fin des années 1990. Après avoir été accompagnateur de démarches de concertation et médiateur dans le domaine de l’environnement, il est garant de démarches de concertation. Il a exercé une activité de consultant et a animé des démarches d’échange et de capitalisation d’expériences au sein d'une association. Il a enseigné à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonn et enseigne actuellement à l’université de Montpellier. Il est délégué général de l’Institut de la Concertation et de la Participation Citoyenne. Depuis sa création en 2008, cet institut fédère un réseau national de praticiens dans l’objectif de contribuer à améliorer les pratiques de concertation et diffuser la culture de la participation. L’ICPC rassemble des membres d’horizons variés (des consultants, des agents territoriaux, des responsables associatifs, des salariés d'associations ou d'entreprises, des élus, des étudiants, des chercheurs, des citoyens…. ) et avec des domaines d’action très diversifiés (grands aménagements, politiques de la ville, du transport, de l'environnement, du développement local, de l'énergie, de la santé, des conflits d’usage et de tous les enjeux d'une gestion partagée de l'espace et des ressources....).

- Joana JANIW, responsable du pôle culture de la participation du public du Commissariat Général au Développement Durable - Ministère de la Transition Écologique.

Joana Janiw travaille dans le champ de la participation publique depuis plus de 15 ans. Au ministère de la Transition écologique, elle a tout à tour accompagné les chefs de projets routiers (débats publics RN126 Castres-Toulouse et RCEA), assuré le secrétariat du Conseil national de la transition écologique, œuvré à la sensibilisation du réseau des chargés de communication. Elle a également travaillé pour le pôle concertation du Syndicat des transports d’Ile-de-France (Ligne 15 du Grand Paris Express, Ligne 11 du métro, TCSP Massy-Saclay). Actuellement en poste au Commissariat général au développement durable, elle a piloté l’élaboration de la Charte de la participation du public et est responsable d'un pôle dédié au développement de culture de la participation du public au ministère. Elle a notamment fait partie de la mission Grand débat national.

Son engagement personnel fort pour les questions de participation l’a amenée à représenter la France au sein du conseil d’administration de l’International association for public participation de 2008 à 2013 et à créer une branche française de cette association, AIP2-France, active de 2009 à 2014.

- Morgane LURASKI, chargée de mission à l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires.

Morgane LURASKI, chargée de mission à l’ANCT depuis 2 ans. Elle travaille sur les questions d’innovation sociale (monde de l’ESS), de coopération et plus particulièrement sur le pilotage de deux dispositifs d’accompagnement des collectivités : Territoires en commun et Territoires d’Engagement.

- Catherine SENE, conseillère d’éducation populaire et de jeunesse au Service départemental à la Jeunesse, à l’engagement et aux sports de l’Ariège – SDJES 09

Catherine SENE contribue à l’animation d’un large partenariat institutionnel et associatif autour de la question de la place des jeunes (11-30 ans) dans les territoires ruraux. Chargée de l’accompagnement des acteurs territoriaux, elle œuvre au développement des politiques publiques de jeunesse et des actions menées au sein de la plateforme partenariale Territoires éducatifs 09 : réalisation de la photographie des jeunesses ariégeoises, expérimentations de nouvelles modalités de développement du pouvoir d’agir et de la place des jeunes dans une dimension citoyenne, et de dynamisation économique et sociale des territoires ruraux, notamment au travers de deux projets lauréats nationaux (Agir avec les Jeunes pour un Impact Rural et PIA Participation citoyenne des jeunes).